Auteur Sujet: Les scientifiques de UCLA rétablissent la marche après des lésions de la colonne  (Lu 7087 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne grimault

  • Adepte du forum
  • *****
  • Messages: 73
    • Voir le profil
Les scientifiques de UCLA rétablissent la marche après des lésions de la colonne vertébrale
 

Une étude révèle que le système nerveux peut se réorganiser et utiliser de nouvelles voies afin de transmettre des ordres au mouvement.


Les lésions de la colonne vertébrale bloquent les voies utilisées par le cerveau afin d’envoyer des messages aux cellules nerveuses contrôlant la marche. Jusqu’aujourd’hui, les médecins croyaient que le seul moyen pour les patients blessés de marcher à nouveau est de redévelopper les longues voies nerveuses qui relient le cerveau à la base de la colonne vertébrale. Pour la première fois, une étude effectuée à UCLA révèle que le système nerveux central peut se réorganiser et suivre de nouvelles voies afin de rétablir la communication cellulaire nécessaire au mouvement.

Publiée dans l’édition de janvier de Nature Medicine, la découverte pourrait mener à de nouvelles thérapies pour le 250,000 américains souffrant de lésions traumatiques de la colonne vertébrale. Selon la Christopher and Dana Reeve Foundation, qui finança l’étude d’UCLA, 10,000 cas supplémentaires se présentent chaque année.

“Imaginez que les longues fibres nerveuses s’étendant entre le cerveau et le bas de la colonne vertébrale sont des autoroutes,” expliqua Dr. Michael Sofroniew, auteur principal et professeur de neurobiologie à la David Geffen School of Medicine à UCLA. “Quand un accident arrive sur l’autoroute, que font les conducteurs? Ils prennent des routes plus étroites. Ces détours ne sont pas aussi rapides, ni directs, mais permettent quand même au conducteur d’arriver à bon port.

“Nous avons observé des éléments similaires dans notre recherche,” ajouta-t-il. “Quand les lésions de la colonne vertébrale bloquent les signaux directs du cerveau, les messages réussissaient, sous certaines conditions, à contourner les lésions. Les messages suivaient une série de connections plus courtes afin de livrer l’ordre du cerveau de bouger les jambes. »

À l’aide d’un modèle de souris, Sofroniew et ses collègues bloquèrent la moitié des longues fibres nerveuses à différents endroits et à différents moments de chaque côté de la colonne vertébrale. En revanche, ils ne touchèrent pas au centre de la colonne vertébrale, contenant une série connectée de voies nerveuses plus courtes. Ces dernières transmettent les informations sur de courtes distances du haut en bas de la colonne vertébrale.

Ce qu’ils découvrirent les surprit.

« Nous sommes enthousiasmés de voir que la plupart des souris ont repris le contrôle de leurs pattes en l’espace de 8 semaines, » déclara Sofroniew. “Elles marchaient plus lentement et avec moins de confiance qu’avant la lésion, mais avaient quand même retrouvé leur mobilité. »

Quand les chercheurs bloquèrent les voies nerveuses courtes au centre de la colonne vertébrale, la capacité de récupération disparut, et les animaux redevinrent paralysés. Ce pas confirma que le système nerveux avait renvoyé les messages du cerveau vers la colonne vertébrale via les voies les plus courtes, et que les cellules nerveuses sont vitales à la guérison de l’animal.

“Quand j’étais étudiant en médecine, mes professeurs m’apprirent que le cerveau et la colonne vertébrale sont forgés à la naissance et ne peuvent pas s’adapter aux lésions. Une atteinte sévère à la colonne vertébrale voulait dire la paralysie permanente,” indiqua Sofroniew.

“Cette vision pessimiste a changé en mon temps, et nos conclusions viennent grossir les rangs des recherché révélant que le système nerveux peut se réorganiser après des lésions,” ajouta-t-il. “Nous avons démontré que le corps peut utiliser des voies nerveuses alternatives afin de transmettre les instructions contrôlant la marche.”

Le pas suivant de l’équipe de UCLA sera d’apprendre à induire la croissance cellulaire dans la colonne vertébrale et de former de nouvelles voies se connectant à travers et autour de l’endroit de la lésion, permettant au cerveau de diriger ces cellules. Si les chercheurs réussissent, les conclusions mèneraient au développement de nouvelles stratégies visant à rétablir la mobilité après des atteintes de la colonne vertébrale.

“Notre étude a identifié des cellules que nous pouvons viser afin d’essayer de rétablir la communication entre le cerveau et la colonne vertébrale,” expliqua Sofroniew. “Si nous pouvions utiliser des connexions nerveuses existantes au lieu d’essayer de rendre le système nerveux à son aspect premier, datant d’avant les lésions, notre travail de réparation des lésions de la colonne vertébrale en serait plus simple.”

L’atteinte de la colonne vertébrale implique la lésion des nerfs compris dans le canal vertébral; la plupart des blessures résultent d’un traumatisme de la colonne vertébrale. Ceci affecte la capacité du cerveau à envoyer et recevoir des messages en dessous de l’emplacement des lésions, aux systèmes contrôlant la respiration, le mouvement et la digestion. En général, les patients sont atteints d’une paralysie plus grande quand les lésions sont situées plus haut dans la colonne vertébrale.
 
r

Hors ligne kavi69

  • Membre de l'association
  • Adepte du forum
  • ******
  • Messages: 318
  • Sexe: Femme
    • Voir le profil
Ca fait plaisir de voir un tel optimisme
  :cheesy:

J'espère juste que l'on pourra bénéficier de ces progrès médicaux
 :wink:

Hors ligne TDelrieu

  • Président d'ALARME
  • Administrateur
  • Adepte du forum
  • *****
  • Messages: 4075
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Tétraplégique
  • Niveau de lésion: C6-C7
Voici le reste du commentaire du Pr. Wise Young :

“...Veuillez noter que la moelle épinière reste plastique, adaptable et malléable des années et des décennies après les lésions. La spasticité est une manifestation de cette plasticité. Nous savons que la spasticité change dans le temps peut augmenter et diminuer. Des recherches faites par plusieurs équipes ont prouvé qu'il y a des reconnexions sensorielles avec le cordon médullaire sous-lésionnel suite aux lésions, de sorte (par exemple) qu’un léger contact sur les jambes peut causer des spasmes au pouce.

Ainsi, plus nous étudions le cordon médullaire, plus nous constatons qu'il est capable d’aprentissage, de mémoire, d’adaptation, et de créer de nouvelles connexions. C'est très probablement la raison pour laquelle une grande majorité des personnes qui ont des lésions médullaires incomplètes récupérent la marche. C'est aussi la raison pour laquelle je suis vraiment tout à fait optimiste sur le fait que nous réussirons des thérapies qui reconstitueront les fonctions perdues suite aux lésions du cordon médullaire, de nombreuses années après les lésions.”



 :smiley:

Hors ligne chris26

  • Membre de l'association
  • Adepte du forum
  • ******
  • Messages: 7267
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Paraplégique
  • Niveau de lésion: T7, T8
Bonsor

L'info a été relayer au journal du magazine de la santé de ce jour  :wink:

Hors ligne TDelrieu

  • Président d'ALARME
  • Administrateur
  • Adepte du forum
  • *****
  • Messages: 4075
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Tétraplégique
  • Niveau de lésion: C6-C7
Merci krevette, c'est intéressant...  :smiley:

Selon le Pr. Wise Young, c'est probablement le mécanisme par lequel les personnes avec des lésions médullaires incomplètes récupèrent (une partie) des fonctions.

Hors ligne krevette

  • Membre de l'association
  • Adepte du forum
  • ******
  • Messages: 125
    • Voir le profil
Citer
PARIS (AFP) - Des expérimentations sur des souris montrent pour la première fois, selon des chercheurs, que le système nerveux central peut rétablir un câblage entre le cerveau et les nerfs qui contrôlent le mouvement, par l'intermédaire de petits réseaux nerveux.

Cette surprenante découverte pourrait un jour ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour des personnes blessées à la moelle et permettre de trouver des applications pour aider les gens qui souffrent des séquelles (paralysies) d'attaques cérébrales ou encore de sclérose en plaques, avancent les auteurs dont les travaux paraissent lundi dans la revue "Nature Medicine".

D'après le neurobiologiste Michael Sofroniew, responsable de l'étude réalisée par l'université de Californie à Los Angeles (UCLA), des nerfs courts peuvent créer des voies de dérivation, des détours, pour contourner l'obstacle (la lésion) qui bloque la voie principale de l'influx nerveux.

Au cours de leurs expériences, les chercheurs ont coupé la moitié des longues fibres nerveuses en différents endroits et à différents moments, en épargnant le centre de la moelle épinière, où se trouvent des séries de réseaux nerveux courts connectés entre eux.

La plupart des souris ont recouvré la capacité à se déplacer dans les huit semaines, certes plus lentement et avec moins d'assurance. Quand ils ont coupé le centre de la moelle, les rongeurs se sont retrouvés à nouveau paralysés.

Cela montre que le système nerveux a re-routé les messages nécessaires aux mouvements du cerveau à la moelle épinière via ces petits réseaux nerveux.

Reste aux chercheurs de l'UCLA à démontrer qu'on puisse espérer trouver là une application aux humains.


source : http://fr.news.yahoo.com/afp/20080107/thl-medecine-recherche-96993ab_1.html



 

Utilisateur

 
 
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.

Soutenez-nous

Recherche rapide


* Qui est en ligne

  • user CCBot

* Derniers Membres

Lavandula2
91j 9h 5m
chris26 chris26
84j 2h 18m
Arnaud Arnaud
83j 9h 36m
charlieboy charlieboy
66j 4h 26m
Gyzmo34 Gyzmo34
63j 9m

* Top membres

gilles gilles
5060 Messages
TDelrieu TDelrieu
4075 Messages
Breizhfenua Breizhfenua
1519 Messages
farid
1329 Messages
Lavandula2
1279 Messages
caro23 caro23
1269 Messages
terryfrogger terryfrogger
1232 Messages
SMF spam blocked by CleanTalk