Auteur Sujet: Livre témoignage d'un tétraplégique : Tony Moggio, un talonneur brisé  (Lu 3847 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

Hors ligne éric

  • Membre de l'association
  • Adepte du forum
  • ******
  • Messages: 2201
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Paraplégique
merci pour le partage arnaud , un coup de boost ce monsieur , il avance , son corps lui permet c est bien !

Hors ligne Arnaud

  • Adepte du forum
  • *****
  • Messages: 769
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Autre
  • Niveau de lésion: Flémard
Coupe du monde de rugby: Moggio, tétraplégique après une mêlée: «Certains m'appellent le miraculé»

RUGBY : Ce rugbyman amateur a été grièvement blessé en 2010.



Le 7 février 2010, Tony Moggio a failli mourir sur un terrain de rugby. Resté au sol dans un match amateur entre son équipe de Castelginest et Labarthe-sur-Lèze, dans la banlieue de Toulouse, ce talonneur a été victime d’une section complète de la moelle épinière et est désormais tétraplégique. Avant la sortie de son livre Moi, Tony Moggio, Talonneur Brisé (éditions Privat), le 8 octobre, il raconte son accident et sa nouvelle vie.


- L’accident : « J’ai entendu un craquement »

« Avec des “si” on pourrait refaire le monde mais ce week-end de février 2010, il y a eu beaucoup de “si”. C’était le début de notre histoire avec ma femme, Marie, donc j’avais demandé à mon entraîneur de ne pas me prendre dans le groupe pour cette rencontre. Finalement, mon remplaçant au poste de talonneur est tombé malade. Je ne voulais pas lâcher mes copains donc je suis rentré de mon week-end au ski pour aller jouer avec eux.

J’étais bien en mêlée jusqu’à celle-là après un quart d’heure de jeu. L’arbitre était jeune, c’était son premier match et mon pilier droit se relève lors de l’impact. La mêlée tourne, je prends un impact énorme et ma tête tourne à son tour. Je ne pouvais pas crier, je ne pouvais rien faire, donc j’ai attendu. J’ai entendu un premier craquement et ça m’a abattu comme si on avait éteint la lumière dans mon corps. Malgré cela, je suis resté conscient pendant tout l’accident.

Là, tu sautes dans l’inconnu. Tu te sens bizarre, de plus en plus fatigué au fil des minutes. Quand les pompiers se sont penchés sur moi, j’ai vu qu’ils étaient paniqués. Tu penses à tout dans des moments comme ça. Tu te sens partir, tu as peur. »


- L’hospitalisation : « Tu es tétraplégique, tu ne remarcheras plus »

« J’ai été évacué en hélicoptère, j’ai fait deux crises cardiaques avant d’arriver à l’hôpital. A ce moment-là, je me dis encore que je vais ressortir nickel même si je sais que c’est grave. Au bloc, le chirurgien a ouvert et a fait ce qu’il pouvait. Il est venu voir mes parents en disant qu’on ne savait pas si j’allais m’en sortir et que je risquais d’être bien touché.

Quand tu te réveilles, tu te dis “merde…”. Voir ces montagnes de machines à côté de moi me rappelait les derniers moments de mon oncle, décédé d’un cancer. Ma première pensée, c’est que j’en avais plus que lui et que ça n’était pas bon. Là, tu aimerais ne pas être conscient. J’ai eu trois jours noirs juste après l’opération où je ne voulais pas m’en sortir. Je n’avais pas envie de passer ma vie sur un fauteuil, je ne faisais aucun effort.


Une radiographie de Tony Moggio, le creux représente la section complète de la moelle épinière/DR

J’ai su que je ne pourrai plus marcher une semaine après l’opération. Je ne pouvais que cligner les yeux et je voyais mes parents parler dans le couloir avec le docteur. Finalement, c’est une kiné qui m’a dit : “Tony, tu es tétraplégique, tu ne remarcheras pas”. Tu prends une claque avec ce mot qui surgit dans ton quotidien. J’arrivais à lever les mains en sortant de l’hôpital mais c’était minime. Tu perds tout, tu redeviens comme un gosse. Et encore un gosse, il évolue. Toi, tu te dégrades. »


- La rééducation : « Je comprends les gens qui se suicident »

« Il y a eu des articles sur moi dans différents journaux et ce statut m’a un peu gêné en arrivant au centre de rééducation de Verdaich (Haute-Garonne). La Sécurité sociale rembourse certaines choses mais pas tout. Là-bas, j’ai croisé pas mal de personnes dans des situations très différentes. Des mecs sont obligés de prendre des crédits pour s’acheter un fauteuil. Le mien coûte le prix d’une belle voiture. Il est sur mesure et adapté à mon handicap.

Tout le monde n’a pas ça et c’est problématique. Si tu as une 4L alors que tu as besoin d’une Ferrari, je ne suis pas d’accord. Les problèmes d’argent peuvent miner le quotidien dans cette situation. Au centre, j’ai vu des personnes pleurer car ils n’arrivaient pas à évoluer. Depuis mon année passée à Verdaich, je comprends les gens qui se suicident. Je ne juge plus ce genre de choses.

Une de mes fiertés a été de pouvoir reconduire une voiture. Une société est venue au centre et nous a proposé d’essayer des véhicules adaptés. Ça m’a plu et j’ai repassé la conduite. En temps normal, il faut dix jours, je l’ai faite en deux jours puis j’ai acheté ma voiture. J’avais une volonté de dingue. »


Tony Moggio a appris à conduire un véhicule adapté/DR


- Le handicap au quotidien : « Certains m’appellent le miraculé »

« Le regard des autres m’inquiétait. J’avais perdu beaucoup de poids, j’avais encore des traces de mon accident. Ce qui est difficile, c’est de revoir des gens qui t’ont connu en forme. Des personnes que je fréquentais ont disparu de ma vie, je ne sais pas si c’est à cause à mon nouvel état. De toute façon, je pars du principe que si ma femme et mes parents peuvent affronter ma situation, ils le peuvent aussi. Ce n’est pas une maladie, ça ne se transmet pas hein. Ça m’a blessé de voir des gens m’éviter alors qu’ils étaient à 20 mètres de moi.

On a fait construire une maison où, d’un côté, il y a mes parents et, de l’autre, Marie et moi. On l’a équipée en domotique pour me faciliter la vie. Il m’a fallu assez peu de temps pour me faire à cette nouvelle vie. Certains m’appellent le miraculé. On me demande comment je fais pour prendre ma situation de cette manière positive. Je réponds que je suis juste pas du genre à regarder derrière moi. Je n’ai pas eu recours à un psychologue. C’est très utile pour certains mais je n’en ai pas ressenti le besoin. J’ai préféré faire le point avec moi-même pour continuer d’avancer. »


Tony Moggio à son domicile/DR


- Le rugby : « Beaucoup de copains ont arrêté »

« Je regarde encore du rugby à la télévision. Au début, je fermais un peu les yeux lors des mêlées, ça me faisait mal. J’avais peur qu’il arrive un accident, je m’imaginais dedans. Les gens me demandaient si j’aime toujours ce sport. Dans mon livre (Moi, Tony Moggio, talonneur brisé, éditions Privat, sortie le 8 octobre), je ne le dénigre pas à un seul moment. Quitte à être dans un fauteuil, je préfère que ça me soit arrivé en pratiquant ma passion plutôt qu’à cause d’un accident de voiture au coin de la rue.

Je suis retourné assister à un match au stade où j’avais eu l’accident, à Labarthe-sur-Lèze. Je l’appréhendais beaucoup. Ça m’a fait bizarre, j’ai revu tout ce que j’avais fait avant la rencontre, je suis retourné à l’endroit du terrain où j’étais allongé après la mêlée. J’ai eu droit à une ovation du public, c’était assez émouvant.

Après mon accident, des copains comme des joueurs d’en face ont arrêté. Ils avaient peur que ça leur arrive, beaucoup sont venus me voir pour entendre mon histoire. Ils avaient besoin de comprendre. »


- L’avenir : « Je me suis marié et je veux avoir un enfant »

« Avant l’accident, je travaillais à la SNCF dans la conduite de train. Une fois en fauteuil, l’entreprise a mis tout en place pour me reclasser et adapter mon environnement de travail mais je ne me voyais pas passer le reste de ma vie dans un bureau. J’ai quitté la SNCF et j’ai commencé à travailler dans l’immobilier. Maintenant, je gère plusieurs appartements à Toulouse. Je suis mon propre patron, j’organise mon emploi du temps comme je veux. Ça me plaît, j’ai réussi à trouver une nouvelle voie.


Tony et sa femme Marie/DR

Le jour où mon enfant me demandera pourquoi je suis en fauteuil, je lui dirai : si tu veux savoir ce qu’il est arrivé à ton père, tu lis mon livre. Ce bouquin n’est pas une thérapie. Je l’ai surtout écrit pour transmettre un message aux personnes qui se retrouvent dans cette situation. Je tiens à leur dire que tout ne s’arrête pas après l’accident. Dans ce livre, j’ai voulu raconter mon parcours, montrer mes hauts, mes bas et mes projets. J’ai trente ans, je retravaille, je me suis marié et je veux avoir un enfant. J’ai continué de vivre. »

Source :
http://www.20minutes.fr/sport/1688655-20150917-coupe-monde-rugby-moggio-tetraplegique-apres-melee-certains-appellent-miracule

 :smiley:
Saint Gabriel - Apporte bonnes nouvelles.

Hors ligne Arnaud

  • Adepte du forum
  • *****
  • Messages: 769
  • Sexe: Homme
    • Voir le profil
  • Handicap: Autre
  • Niveau de lésion: Flémard
Livre témoignage d'un tétraplégique : Tony Moggio, un talonneur brisé
« Réponse #1 le: 30 septembre 2015 à 10:50:31 »
Rugby : Tony Moggio, un talonneur brisé



Philippe Motta, ancien journaliste, aujourd’hui écrivain et sculpteur nous invite à découvrir à travers son nouvel opus aux éditions Privat, le destin brisé de Tony Moggio, talonneur à Castelginest dont la vie bascule au cours d’un match à Labarthe sur Lèze un jour de février 2010.

Un témoignage vrai et plein d’espoir autour d’une passion toujours intacte : le rugby.

Ce dimanche 7 février Tony a mis la tête dans le tumulte de la mêlée pour défendre les couleurs de son maillot jaune et bleu.  En ce dimanche glacé et humide, il a poussé parce que le rugby c’est comme la vie, sa vie: ne pas plier même quand en face, le tumulte a le souffle de l’adversité.

Il ne savait pas que c’était sa dernière mêlée et qu’elle lui ouvrirait les portes d’un long tunnel.

L’hélicoptère l’a emporté brisé: «j’ai d’abord entendu le bruit lointain du rotor puis, de plus en plus distinctement, le chuintement tranchant des pales qui fauchaient l’air glacé. Dans le vacarme croissant de l’engin en approche, j’ai su que je venais de changer de vie. Je l’avais deviné, mais là je l’ai compris. Définitivement.»


- Il surmonte son handicap dans sa tête puis dans son corps

Le rugbyman que les médecins croyaient condamné se bat pendant un an pour retrouver une partie de ses moyens et mener une vie presque normale: «les médecins pensaient au départ que je ne m’en sortirais pas, puis que je vivrais sous assistance respiratoire.

J’ai survécu, je respire tout seul. La moelle épinière a été complètement sectionnée, je ne pourrais plus récupérer.»

Son corps meurtri ne s’est jamais tout à fait remis. Il se réveille privé de ses membres.

Ce réveil dure trois jours et sa tétraplégie toute une vie, il le comprend vite. Trois jours au cours desquels une vie devient une autre.

«Trois jours qui ont pesé pour moi le temps d’une éternité. Je suis convaincu que je dois au rugby d’avoir tenu le coup à la fois physiquement et mentalement durant ces périodes aux portes de l’enfer.

Il n’y avait pas seulement les appareils à domestiquer, il y avait aussi ma peur.»

Après neuf mois de rééducation, à 25 ans Tony veut retrouver son autonomie et sa fierté. Il engage un combat au quotidien et gagne peu à peu en mobilité au niveau de ses membres supérieurs.

Il retrouve l’usage de la parole, apprend à guider son fauteuil et passe même son permis de conduire.

Il avoue «avoir eu la chance d’avoir une famille soudée, mes parents, ma sœur, ma compagne, mes amis. Je me suis dit: tu respires, il faut que tu te battes!»


- Sa passion pour le rugby est restée intacte

Une belle leçon de courage qui n’a pas entamé sa passion pour le ballon ovale. Il continue d’aller voir des matchs, se rend régulièrement au stade Ernest-Wallon et suit actuellement la coupe du monde de rugby.

Pour cette biographie à quatre mains, à la fois lucide et émouvante, Philippe Motta a rencontré les médecins, les joueurs de l’époque, les proches de Tony afin de coller au plus juste sans sombrer dans le pathos.

«Des handicapés qui écrivent des livres, il y en a beaucoup. Ce qui m’intéresse, c’est la personnalité de Tony.

Il était donné pour mort! Il aurait dû rester allongé dans un lit, avec des tuyaux et ses yeux qui clignent pour communiquer.

Il a déjoué tous les obstacles pathologiques, surmonté son handicap dans la tête puis progressivement dans son corps. Pour son neurochirurgien, il y a un avant et un après Tony.

Oui, ce qui m’a plu dans cette biographie, c’est la personnalité de ce rugbyman atypique.»

Aujourd’hui Tony a trente ans, il retravaille, s’est marié avec sa compagne avec qui il souhaite avoir un enfant. La vie continue.

Si vous souhaitez contacter Tony, voici sa page Facebook :
https://www.facebook.com/Moggio-Tony-378821288985858/timeline/

Voici son compte Twitter :
https://twitter.com/tonymoggio

Sortie en librairie le 8 octobre 2015
Tony Moggio, talonneur brisé
Par Philippe Motta
Aux éditions Privat

Source :
http://www.ariegenews.com/ariege/culture/2015/94572/rugby-tony-moggio-un-talonneur-brise.html

 :smiley:


Saint Gabriel - Apporte bonnes nouvelles.

 

SMF spam blocked by CleanTalk