Auteur Sujet: La génétique de la souris au service de l’homme  (Lu 3563 fois)

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Arnaud

  • Invité
Re : La génétique de la souris au service de l’homme
« Réponse #2 le: 29 janvier 2006 à 13:42:46 »

Un autre article.

Souris paralysées: enquête génétique

A l'issue de longues investigations, des chercheurs de l'Université de Genève ont identifié les causes génétiques du handicap des rongeurs. Une voie pour le traitement de certaines formes de paralysie?

Il est des cas où la démarche scientifique à tout d'une enquête policière. Fins limiers, des généticiens de l'Université de Genève (UNIGE) ont réussi à expliquer pourquoi des rongeurs avaient les pattes inférieures paralysées.

Cette «superbe histoire», comme la qualifie Denis Duboule, directeur du Pôle national de recherches Frontiers in Genetics, démarre il y a huit ans. Nous sommes au Jackson Laboratory américain, la «Mecque des souris» selon l'embryologiste genevois. Par hasard, un chercheur y découvre une souris dont les pattes arrières sont paralysées. D'autres l'auraient simplement détruite. Mais lui, en bon généticien, a aussitôt croisé ce rongeur avec d'autres, sains, pour voir si ce handicap était transmissible. Tel était bien le cas; la moitié des descendants traînaient, eux aussi, sérieusement les pattes arrières. «C'était très bizarre», commente Denis Duboule. La paralysie provenait d'une mutation «dominante» que le chercheur américain, empreintes génétiques à l'appui, a localisée. Elle se trouve sur le chromosome 2, dans une région connue pour abriter les «gènes architectes».

Gènes constructeurs

Un bon indice. Ces gènes, dont la découverte a fait la renommée de Denis Duboule, interviennent lors du développement embryonnaire et sont en fait les maîtres d'œuvre de la «construction» des membres.

Décidant de passer la main, l'investigateur d'outre-Atlantique a envoyé ses souris mutantes au laboratoire romand. Le jeune chercheur Basile Tarchini s'est aussitôt penché sur leur cas, et il a rapidement constaté que, sur la dizaine de gènes architectes qu'ont habituellement les rongeurs, il en manquait plusieurs aux souris handicapées. Tout se passait «comme si le chromosome avait été coupé avec des ciseaux», raconte Denis Duboule. Cela aurait pu être la clé de l'énigme. Seulement voilà: entre-temps, les biologistes avaient constaté que les animaux qui étaient totalement privés de ces gènes constructeurs, avaient certes des membres anormaux, mais capables de bouger. «On n'y comprenait rien», se rappelle le directeur de l'équipe. Il a fallu des années d'un travail minutieux pour trouver le fin mot de l'histoire.

Alignés sur le chromosome, les gènes architectes jouent chacun un rôle précis dans la formation des membres. Selon la place qu'ils occupent dans la séquence, ils président au développement, dans la moelle épinière, des cellules nerveuses actionnant les pattes avant ou arrière (voir schéma). Si quelques-uns de ces gènes font défaut, ceux qui restent s'engouffrent dans la brèche; ils font le travail de leurs acolytes disparus, mais de travers. Comme si un architecte qui, toute sa vie, n'aurait conçu que des fenêtres, profitait de l'absence d'un collègue pour dessiner des toits. Chez la souris, cela se traduit par des pattes inférieures dépourvues de nerfs moteurs importants, et qui sont paralysées. «C'est aussi simple que cela», conclut l'embryologiste.

L'énigme était résolue. Mais elle a surtout permis de mieux comprendre la genèse et l'organisation des cellules nerveuses qui contrôlent l'activité motrice de nos bras et nos jambes. Et qui sait? A terme, cela pourrait ouvrir la voie au traitement de certaines formes de paralysie. N'en déplaise à ceux qui, par voie d'affichage, affirment que les recherches sur les souris n'ont jamais rien apporté aux hommes.

http://www.nouvo.ch/h-169

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Arnaud

  • Invité
La génétique de la souris au service de l’homme
« Réponse #1 le: 17 décembre 2005 à 14:03:38 »
La génétique de la souris au service de l’homme 

Les causes d’une paralysie des membres inférieurs sont élucidées à l’Université de Genève (UNIGE)

PRESSE, INFORMATION, PUBLICATIONS Genève, le 16 décembre 2005

C’est en analysant une souris souffrant d’une paralysie des membres inférieurs qu’un chercheur de la Faculté des sciences de l’Université de Genève (UNIGE) a pu identifier les causes génétiques de ce handicap. Membres du pôle de recherche national Frontiers in Genetics, le scientifique apporte ainsi une meilleure compréhension de la genèse et de l’organisation des cellules nerveuses qui, au sein de notre moelle épinière, contrôlent l’activité motrice de nos bras et de nos jambes. Les résultats de ces travaux viennent de faire l’objet d’un article dans le magazine américain Genes and Development.

Comme souvent en génétique, le travail de Basile Tarchini, assistant dans l’équipe du prof. Denis Duboule de l’UNIGE, commence avec une souris de laboratoire : traînant la patte, anormalement raide, celle-ci présente des signes évidents de paralysie de l’arrière-train. Pour tenter de résoudre cette énigme, le jeune spécialiste en biologie moléculaire du développement s’engage alors dans une véritable enquête scientifique, travail d’investigation qui durera six ans.


Sur la piste génétique


Dans un premier temps, M. Tarchini effectue de nombreux croisements à partir de la souris en question : tous donnent des portées manifestant le même handicap, ceci dans de vastes proportions. Ce premier résultat confirme la piste génétique et permet également de localiser précisément un défaut dans un morceau de chromosome. Ce chromosome, c’est celui qui contient les fameux «gènes architectes», les gènes Hox pour l’étude desquels le laboratoire du prof. Duboule est célèbre depuis maintenant plusieurs années.

Comprendre la disparition des gènes

Une fois la nature de l’erreur moléculaire déterminée, le chercheur se lance dans l’étape suivante de son investigation, afin de comprendre comment le défaut génétique, c’est-à-dire la disparition de plusieurs de ces gènes architectes, a conduit à la paraplégie dont est atteinte la souris.

La solution lui apparaît en utilisant une collection de souris génétiquement modifiées au niveau des mêmes gènes que ceux de la souris initiale. Pour cela, il fait appel à une méthode d’ingénierie chromosomique appelée TAMERE, mise au point par le laboratoire de l’UNIGE, et qui autorise la comparaison de la portée de souris avec la souris mutante naturelle. Les observations montrent alors que la disparition de certains gènes ouvre la voie à d’autres gènes, qui s’engouffrent dans la brèche et perturbent le développement normal de cellules nerveuses. Or, ces dernières correspondent aux cellules qui, dans un contexte sain, colonisent les membres inférieurs. Ainsi, les pattes arrière de la souris paralytique se retrouvent dépourvues de nerfs importants.

L’homme, à pas de souris

Les résultats de cette longue étude génétique de la souris sont aujourd’hui d’un grand intérêt pour l’homme. Ils offrent notamment une meilleure compréhension de la manière dont sont fabriquées les cellules nerveuses chez l’embryon humain. Grâce aux travaux de ce laboratoire de l’UNIGE, on sait dorénavant pourquoi certaines cellules nerveuses sont destinées à devenir des neurones moteurs, c’est-à-dire à former les nerfs qui nous permettent de bouger nos bras et nos jambes.


Pour de plus amples informations, n’hésitez pas à contacter

Denis Duboule au +41 22 379 67 71 ou à Denis.Duboule@zoo.unige.ch


http://www.communique-de-presse.com/content/view/4513/145/

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