Auteur Sujet: nettoyer pour traiter  (Lu 2796 fois)

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nettoyer pour traiter
« le: 18 février 2007 à 18:27:46 »
Nettoyer pour traiter
 
Par Rachel Levy-Toledano pour Guysen Israël News
 
Samedi 17 février 2007 à 17:35
 
 
Une équipe de recherche de l’Institut Weizmann de Réhovot met au point une méthode originale et astucieuse potentiellement efficace pour traiter les lésions cérébrales

 

Les lésions cérébrales peuvent avoir des conséquences catastrophiques et malgré les nombreuses tentatives de traitement, pourtant prometteuses, aucune thérapeutique efficace n’est disponible. Elles sont, pour la plupart, basées sur l’administration de médicaments qui, pour être actifs sur le lieu de la lésion, doivent franchir la barrière hémato-encéphalique (entre le sang et le cerveau). Or cette barrière est étanche à la plupart des grosses molécules.

Toute lésion cérébrale, même minime, qu’elle soit d’origine traumatique, hémorragique, vasculaire ou liée à une pathologie, inonde son environnement immédiat d’acide glutamique ou glutamate.

Il s’agit d’un acide aminé dit « essentiel » qui, outre le fait qu’il entre dans la composition des protéines, joue un rôle important dans la transmission de l’influx nerveux. C’est, en effet, un des neurotransmetteurs les plus abondants. Toutefois, en excès, le glutamate peut entraîner des lésions cérébrales irréversibles. Ce dernier se propage de proche en proche et détruit les cellules nerveuses saines sur son passage aggravant ainsi considérablement la lésion cérébrale initiale.

Un des moyens de prévenir les effets néfastes du glutamate sur les nerveuses cellules saines, serait de réduire rapidement la concentration de glutamate dans le cerveau. Pour ce faire, l’équipe du Professeur Vivian Teichberg de l’Institut Weizmann a eu l’idée originale de « pomper » le glutamate du cerveau vers le sang par un artifice chimique.

Dans les conditions normales, physiologiques, les taux de glutamate sont beaucoup plus élevés dans la circulation sanguine que dans le cerveau. La barrière hémato-encéphalique étant perméable à cet acide aminé et du fait de son gradient de concentration, le flux spontané de glutamate se ferait du sang vers le cerveau s’il n’existait pas un garde-fou. Cette protection est assurée par un système de régulation naturelle constituée de « transporteurs » de glutamate. Ils inversent le sens du flux spontané de l’acide aminé en le transportant à contre-courant du cerveau vers le sang. Ces transporteurs se trouvent à la périphérie des petits vaisseaux qui sont au contact des cellules nerveuses. Dans un premier temps, le glutamate franchit la barrière hémato-encéphalique et se concentre de façon importante dans des zones limitées à proximité des petits vaisseaux précisément à l’endroit où se trouvent les transporteurs. Ces derniers vont alors le purger pour le ramener dans la circulation sanguine.

Ce mécanisme de protection naturelle serait susceptible de prévenir un excès de glutamate dans le cerveau et ses effets néfastes si les lésions cérébrales ne le mettaient pas hors d’usage. Tout le travail de l’équipe du Weizmann est basé sur ce constat. Leur objectif est de pallier à cette défaillance physiologique et de booster la pompe naturelle déficiente. Pour ce faire, et plutôt que d’utiliser des médicaments qui agiraient directement sur le cerveau, l’équipe du Professeur Teichberg a eu l’idée de réduire artificiellement les taux de glutamate dans le sang. Ils ont utilisé une enzyme, la GOT (Glutamate oxalo-acétate transaminase), qui inactive le glutamate et réduit sa concentration sanguine de sorte qu’elle devient inférieure à celle du cerveau. Cela inverse le gradient de concentration du glutamate et entraîne passage massif de glutamate du cerveau vers le sang. Ainsi se crée une « pompe » artificielle qui purge le glutamate cérébral en excès et prévient ses effets néfastes sur les cellules nerveuses saines.

L’équipe du Weizmann a testé cette méthode chez des rats avec des lésions cérébrales traumatiques induites. Résultat : l’administration rapide de GOT a permis de purger le cerveau du glutamate en excès et de prévenir les lésions cérébrales chez l’animal avec rétablissement neurologique quasi-total. Cette méthode est aujourd’hui brevetée par Yeda, la société de transfert de technologie de l'Institut Weizmann. Une nouvelle compagnie, Braintact Ltd., fondée à Kiryat Shmona, est chargée de la développer. La Food and Drug Administration (FDA) américaine est intéressée par le développement de cette technique et devrait rapidement l’homologuer. Les essais cliniques chez l’homme devraient commencer sous peu.

Potentiellement, cette méthode pourrait être efficace dans le traitement des lésions cérébrales aigues telles que les traumatismes crâniens et les accidents vasculaires cérébraux ainsi que pour prévenir les lésions cérébrales induites par gaz innervants et les agents infectieux lors de la méningite bactérienne. Elle pourrait également être utile dans certaines maladies chroniques comme le glaucome, la sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou la démence du SIDA.

Le professeur Teichberg a déclaré : « Notre méthode peut réussir là où d'autres ont échoué, parce que, plutôt que bloquer temporairement l'action toxique du glutamate a l'aide de médicaments pénétrant dans le cerveau, elle draine le glutamate du cerveau vers le sang, et là il n'est plus dangereux. »

jean-marc
 

 

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