Auteur Sujet: Méditech Santé : Pole de compétitivité mondial en France  (Lu 2499 fois)

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Arnaud

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Méditech Santé : Pole de compétitivité mondial en France
« le: 25 novembre 2005 à 14:41:26 »
Méditech Santé. Un nouveau stimulant pour l'Ile-de-France

Méditech Santé a pour ambition de devenir en 2010 le premier pôle de recherche et d'industrie européen dans le domaine de l'innovation thérapeutique. Le CNRS y est impliqué et le fait savoir.


L'univers de la haute technologie s'organise de plus en plus en grands « clusters ». Ces pôles associent entreprises, centres de formation et unités de recherche dans un esprit de synergie. Leur but ? Accroître la compétitivité en créant de nouveaux produits.
Conscient du relatif retard de la France dans ce domaine, le gouvernement a décidé la mise en place de 67 « pôles de compétitivité ». Parmi les projets mondiaux, deux concernent l'Île-de-France, Systematic Paris-Region et Méditech Santé, qui s'articulera autour de six thématiques : neurosciences, oncologie, infectiologie, médecine moléculaire et cellulaire, imagerie médicale, sciences et techniques du médicament. L'ambition de ce pôle est d'occuper dans cinq ans une place prépondérante dans le domaine de la santé parmi les « clusters » les mieux organisés de la planète : San Francisco, Boston, Munich, Cambridge, Shanghai… Concrètement, il s'agit de doubler les effectifs de sociétés de biotechnologie de la région, d'accroître de 50 % les emplois privés dans les sciences du vivant, ou encore de favoriser l'implantation d'au moins deux laboratoires de R&D d'entreprises pharmaceutiques de dimension internationale. Et de multiplier les collaborations avec les labo-ratoires de recherche publique de la région.

L'Île-de-France bénéficie de remarquables atouts pour relever ce défi. C'est la première région scientifique et technologique de l'Europe des 25. Elle concentre pas moins de 50 % du potentiel de recherche académique national en sciences du vivant. 45 000 étudiants en sciences de la vie bénéficient d'une large palette de formations initiales et continues assurées par neuf universités, deux écoles normales supérieures ainsi que des écoles d'ingénieurs de premier ordre.

De plus, la région accueille de grands programmes de recherche, comme le Synchrotron Soleil 1, en cours de construction sur le plateau de Saclay, mais aussi le Genopole 2 et le Cancéropôle Île-de-France 3. Citons également les projets de l'Institut du cerveau et de la moelle, de l'Institut de la vision, de l'Institut du diabète, de Neurospin (centre de neuro-imagerie RMN à champ intense) ou d'Imagene (plate-forme d'imagerie préclinique multimodale). À tous ces programmes et instituts le CNRS est évidemment associé. L'Île-de-France est également la première région européenne par le nombre d'entreprises du secteur « pharmacie ». Dix-neuf des vingt leaders mondiaux y ont implanté une filiale, notamment l'un des poids lourds du secteur, le groupe Sanofi-Aventis. La région arrive au deuxième rang européen par le nombre de sociétés du secteur « équipement médical » derrière la Bavière et au troisième rang par le nombre d'entreprises biotechnologiques, dont des leaders mondiaux comme Biogen, Idec ou Sereno. Enfin, 90 % des sociétés spécialisées dans la conduite d'essais cliniques en France se trouvent en Île-de-France et s'appuient sur le plus grand réseau hospitalier du monde : l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Malgré ces ressources considérables, la région parisienne souffre de plusieurs faiblesses. Sa productivité en matière d'innovation reste limitée et surtout, son image manque de visibilité. Selon Jean-Claude Muller, de la direction de Sanofi-Aventis : « Deux principales raisons expliquent ces lacunes : des partenariats entre recherche publique et industrie qui ne sont pas à la mesure du potentiel de recherche francilien, et la relative dispersion des acteurs sur un territoire dense en infrastructures mais insuffisamment organisé. » 

Méditech Santé est structuré autour de thématiques à la fois thérapeutiques et technologiques : ce maillage va induire des interactions et créer des synergies indispensables à la stratégie du pôle qui va faire travailler ensemble plus de 150 partenaires – collectivités territoriales, centres de recherche, organismes de formation, grands industriels, start-up (comme Bioalliance Pharma, voir encadré), incubateurs, agences de développement territorial… La structure de gouvernance du pôle devrait bénéficier d'un budget d'environ un million d'euros. En cours de constitution, elle offrira un guichet unique qui simplifiera les démarches administratives des entreprises. Les projets de R&D représentent quant à eux un engagement financier estimé à environ 260 millions d'euros sur trois ans. Le soutien de l'État se traduira par une exonération d'impôts et de charges sociales (à hauteur de 35 % du montant du projet) pour les entreprises qui investissent dans une des six thématiques retenues.

Celles-ci s'articulent selon deux axes principaux et complémentaires. L'un, à visée thérapeutique, concerne des enjeux de société majeurs pour le xxie siècle : pathologies du système nerveux, oncologie et infectiologie (dont parasitologie, bactériologie, virologie, mycologie et pathologies nosocomiales). L'autre présente trois thématiques à visée technologique : imagerie médicale, médecine moléculaire et cellulaire (maladies génétiques, thérapie génique, cellules souches, pharmacogénétique, biopuces médicales, etc.), enfin sciences et techniques du médicament (chimie, pharmacotechnie, pharmacologie). Impossible de passer en revue l'ensemble des objectifs attendus : parmi les plus audacieux, citons le développement dans les cinq prochaines années d'une molécule neuroprotectrice pour la maladie de Parkinson, ou le recours aux premiers implants électroniques chez des patients aveugles ou souffrant d'une section de la moelle épinière. Autres gageures : la mise au point de systèmes haut champ uniques au monde, afin d'obtenir une précision et une sensibilité jamais atteintes en imagerie cérébrale ; ou la réalisation prochaine de premières mondiales en chirurgie génomique, en thérapie génique du système nerveux central, en biothérapie anticancer, en thérapie cellulaire… Autant de défis passionnants. Rendez-vous dans cinq ans !

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BIOALLIANCE PHARMA : DES LEVURES BONNES A TOUT FAIRE

« Le programme d'essais cliniques est terminé pour l'enregistrement en Europe et aujourd'hui, nous sommes fiers d'avoir obtenu le feu vert des États-Unis pour notre phase III 1. »

Gilles Avenard, médecin biologiste et cofondateur 2 de Bioalliance Pharma – une entreprise biopharmaceutique française spécialisée dans le développement et la commercialisation de thérapies innovantes et dans la résistance aux médicaments au cours de maladies graves, comme le cancer et le Sida – est impatient. Sa demande d'IND (autorisation pour une recherche clinique sur un nouveau médicament aux États-Unis) auprès de la Food and Drug Administration a été approuvée. Bioalliance va donc lancer son essai clinique pivot de phase III, dernière phase d'expérimentation avant la mise sur le marché de son produit phare, au dernier trimestre 2005. « Il s'agit d'un agent antifongique, le miconazole Lauriad, un médicament utilisé en première ligne dans le traitement des infections à candida chez les patients immonudéprimés, atteints de cancers, infectés par le VIH, transplantés ou diabétiques… explique Gilles Avenard. L'innovation réside dans la technologie bioadhésive qui permet d'atteindre une libération prolongée du comprimé oral et donc une concentration antifongique constante dans la salive. En augmentant le temps de contact ainsi que le taux de concentration du produit, on limite sa posologie à une seule prise par jour. Et on évite le recours à une médication systémique, qui entraîne souvent des problèmes de résistance et/ou d'interaction médicamenteuse ! » Ces deux médecins ont monté la société en 1997 sur la base d'alliances académiques (avec le CNRS, l'Inserm et des universités) et d'un plan de financement en capital-risque. 25 millions d'euros ont déjà été investis. Et Gilles Avenard est confiant. « Les investisseurs ont misé sur la valeur de l'équipe et des projets scientifiques que nous menons. Aujourd'hui, 45 personnes travaillent sur une dizaine de projets, dont le plus avancé, le miconazole Lauriad, pourrait être commercialisé en Europe dans les dix-huit prochains mois. » Cette commercialisation pourrait permettre à la société de s'autofinancer. En attendant la finalisation de deux autres projets déjà en essais cliniques : l'acyclovir Lauriad pour le traitement de l'herpès oral (fin d'essai de phase I), et la nanotechnologie Doxorubicin-Transdrug pour le traitement de cancers primitifs du foie (en phase I/II)…


1. Dans l'essai clinique sur l'homme, la phase III correspond – après la phase I, « recherche de la toxicité », et la phase II, « recherche du dosage adéquat » – à la recherche de l'efficacité médicale.

2. Avec Dominique Costantini, médecin immunologiste et présidente du directoire de Bioalliance Pharma.


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Un coup d'accélérateur pour le médicament


Entretien avec Patrick Couvreur, directeur de l'unité « Physico-chimie, pharmacotechnie, biopharmacie » 1 du CNRS.


Vous êtes, avec Christian Auclair 2, co-animateur du thème « Sciences et techniques du médicament » à Méditech Santé. Quels sont vos objectifs ?

Patrick Couvreur : Nous avons la chance de disposer en Île-de-France de toute la chaîne de création d'un médicament. L'objectif majeur est de réduire le temps nécessaire à son élaboration et à sa mise sur le marché, en optimisant chaque étape. En amont, il s'agit de mettre en place de nouvelles méthodologies capables de prédire les capacités des candidats médicaments. Il y a beaucoup de molécules disponibles, mais il est difficile d'identifier celles qui ont le plus grand potentiel. C'est pourquoi nous allons mettre à la disposition des partenaires du pôle une plate-forme intégrant une chimiothèque qui présente un maximum de diversité moléculaire (500 000 molécules à l'horizon 2010) et une chimiothèque virtuelle. Nous allons aussi constituer une plate-forme de criblage transdisciplinaire (criblage moléculaire, cellulaire, in silico 3) en mettant en réseau les différents acteurs publics et privés.


Et dans votre domaine, la formulation des médicaments ?

P. C. : Un anticancéreux, par exemple, n'est vraiment efficace que s'il atteint spécifiquement les cellules tumorales. Or, il existe des formulations innovantes, comme le recours aux nanotechnologies développées dans mon laboratoire. Mais leur transposition au niveau industriel reste encore difficile. C'est pourquoi Méditech va chercher à attirer les entreprises capables de réaliser des transferts technologiques d'une recherche académique encore très amont au stade industriel, à l'image de ce que l'on a fait avec Bioalliance Pharma (voir encadré).


1. Laboratoire CNRS / Université Paris-XI.

2. Directeur de l'unité « Biotechnologies et pharmacologie génétique appliquée » (LBPA), CNRS / ENS Cachan.

3. Se dit d'un criblage virtuel par ordinateur.


1. Il regroupera, dès l'ouverture en 2006, près de 300 chercheurs et techniciens en physique, sciences des matériaux, biologie et médecine, chimie, sciences de l'environnement et géophysique.

2. Un mini-cluster en génomique et biotechnologies regroupant 26 laboratoires et plus de 50 entreprises.

3. Le Cancéropôle Île-de-France réunit notamment : 100 services hospitaliers, 78 unités Inserm, 40 unités CNRS, 30 équipes universitaires, 10 équipes CEA.



Source : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/2539.htm

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« Modifié: 25 novembre 2005 à 16:11:10 par TDelrieu »

 

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