Vers la réparation de la moelle épinière

Peut-on réparer une moelle épinière endommagée ?

Oui, chez le rat, grâce à deux grandes pistes thérapeutiques. Ces récentes avancées apportent de nouveaux espoirs pour les patients paralysés.

Faire marcher des rats paralysés : la science sait désormais le faire. Depuis une dizaine d’années, de nombreuses pistes thérapeutiques sont en effet explorées pour réparer une moelle épinière lésée. Certaines d’entre elles sont même en cours d’essai chez l’homme. L’idée est de pouvoir un jour proposer une thérapie non seulement aux 1 500 nouveaux traumatisés par an mais aussi à des personnes ayant subi une lésion plus ancienne. Et elles sont nombreuses : environ 40 000 personnes souffrent d’une paralysie en France. Celle-ci touche les membres inférieurs paraplégie si leur traumatisme est situé au niveau du thorax ou des lombaires ; elle touche les quatre membres tétraplégie si la lésion est située au niveau des cervicales.

Ces conséquences dramatiques s’expliquent par le rôle clé joué par la moelle : elle fait partie, avec le cerveau, du système nerveux central. Elle reçoit des informations sensibles du monde extérieur et les transmet au cerveau, qui lui renvoie des messages moteurs. Ces messages sont ensuite transmis aux muscles, via des neurones dont le corps cellulaire se situe dans la moelle et dont le prolongement, appelé axone, se termine dans le muscle. Au sein de la moelle, la transmission des messages se fait au niveau des axones, dans la substance blanche, à la périphérie de la moelle. En revanche, le traitement des messages se fait lui au niveau des neurones médullaires, situés dans la substance grise au centre de la moelle. D’autres cellules, les cellules gliales, nourrissent et protègent les neurones qu’elles entourent.

Mais les neurones lésés de la moelle ne se régénèrent pas. Le Prix Nobel de médecine espagnol Santiago RamÓn Y Cajal, fondateur de la neurobiologie moderne, le constatait il y a un siècle : lorsque les prolongements des neurones sont sectionnés à la suite d’une lésion au niveau de la moelle épinière ou du cerveau des mammifères adultes, leurs corps cellulaires n’émettent pas de nouveaux prolongements. Les neurones finissent par mourir et ne sont pas remplacés. Mais depuis le début des années 1980, ce dogme est battu en brèche ! Samuel David et Albert Aguayo, du département de neurosciences de l’université McGill, à Montréal, ont alors réalisé des greffes de nerfs périphériques au niveau d’une moelle épinière lésée. Et surprise : certains prolongements des neurones de la moelle repoussaient sur plusieurs centimètres. Cette découverte a ouvert la porte à une recherche foisonnante et à deux grandes pistes thérapeutiques : la régénération qui vise à favoriser la repousse des neurones lésés et la greffe de neurones pour remplacer ceux détruits.

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