La science à l’assaut de la paralysie

 

Prothèse bionique, greffes de cellules, gestes animés par la pensée grâce aux interfaces cerveau-machine, substances neuroprotectrices : la recherche foisonne pour combattre la paralysie. Jusqu’à faire espérer, un jour, la fin des jeux Paralympiques. Pas à pas, la science progresse dans la compréhension de ce handicap complexe.

Les chercheurs affinent leurs connaissances des réseaux neuronaux qui régissent les mouvements de la vie quotidienne. Il faudra probablement combiner diverses approches pour réduire, réparer ou compenser les dégâts: traitements d’urgence juste après l’apparition de la lésion, exercices, chirurgie, thérapies cellulaires, substances multiples, robotique avec, entre autres, la spectaculaire interface cerveau-machine.

« Un seul produit ne suffira pas, il faut des produits pour empêcher les neurones de mourir et des produits qui bloquent les inhibiteurs de la repousse, plus de l’entraînement », estime Geneviève Rougon, qui travaille sur la régénération de moelle au CNRS (Centre national de recherche scientifique).
Les chercheurs ont découvert qu’il y avait de la plasticité (capacités d’adaptation) dans le système nerveux de l’adulte, et que l’on pouvait encourager des neurones à nouer des connexions que normalement ils n’assuraient pas, relève-t-elle.

L’approche multiple est d’ailleurs une des options étudiées à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). Des chercheurs ont associé cocktail médicamenteux (des neurotransmetteurs comme messagers chimiques), stimulation électrique et harnais-robot pour faire courir à nouveau des rongeurs. Des résultats étonnants, qui restent à confirmer chez l’humain.
 
– Électrodes dans le cerveau 

Des stimulations de la moelle ont permis à quelques patients de se tenir debout et de faire quelques pas. Mais il y a des expériences plus impressionnantes encore, comme celles de l’interface cerveau-machine avec des électrodes pour lire l’intention du cerveau de faire un mouvement et relayer le message pour faire entrer les muscles en action. 

On a ainsi vu des singes, avec des électrodes fichées dans la cervelle, bouger un objet virtuel, sentir la texture de ce qu’ils voyaient et d’autres bouger leur bras paralysé. Une femme tétraplégique depuis 15 ans à la suite d’un AVC a réussi à bouger un bras-robot pour boire grâce à des électrodes implantées dans son cerveau. « La piste cerveau-machine est très importante, mais on en est encore aux balbutiements, estime Nathanaël Jarrassé, roboticien (CNRS, Institut des Systèmes Intelligents et de Robotique). Il y a encore beaucoup de recherche à faire ».

Tout un pan de la robotique se développe dans l’assistance et la rééducation pour affiner la gestuelle, la rendre plus fluide ou rendre les commandes plus intuitives, y compris dans le domaine des exosquelettes de jambes qui permettent de se redresser et marcher.
Lorsqu’une personne pourra interagir avec son environnement grâce à une interface cerveau-machine, sans que personne s’en aperçoive, l’objectif sera atteint, selon John Donoghue spécialiste des neurosciences américain. Mais il faudra des années pour l’obtenir, admet-il.

Pour l’instant il n’y a pas de remède miracle, constate Grégory Barrière (Université de Bordeaux-Incia).
« Il faut rétablir la sensation, pas seulement la marche. Car on ne peut pas se passer du sensoriel ». Normalement, les pieds en contact avec le sol renvoient des informations nécessaires à la marche naturelle. D’où l’importance des prototypes qui offrent ce retour d’information grâce à des capteurs. 

– La greffe de cellules souches 

De son côté, alors que la société Geron a jeté l’éponge dans ce domaine, la compagnie californienne StemCells teste la greffe de cellules souches issues de cellules de cerveau foetal, en les injectant dans la moelle de patients paralysés. 

Elle fait état de réapparition de sensations pour deux paralysés au niveau du thorax, mais n’a pas publié les résultats définitifs. Elle prévoit d’élargir l’essai sur des patients atteints aux vertèbres cervicales pour avoir une idée d’un éventuel bénéfice sur les fonctions motrices et sensorielles.
Pour restaurer une partie des mouvements, d’autres misent sur la greffe de cellules olfactives, choisies pour leur capacité unique à soutenir la croissance des fibres nerveuses.

Jusqu’à 500.000 personnes sont victimes d’un traumatisme de la moelle épinière chaque année dans le monde, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

En attendant, à Dijon au Centre d’expertise de la Performance, Gaëlle Deley, chercheuse associée à l’Inserm, applique une technique d’entraînement de Harvard pour paraplégiques. Objectif: « améliorer les capacités cardio-respiratoires en faisant travailler le corps entier et notamment le bas du corps dont le paraplégique ne se sert pas », explique-t-elle.

Après quelques mois d’exercice sur un rameur couplé à une stimulation musculaire (via des électrodes posées sur la peau) des cuisses que la paralysie a fait fondre, les patients augmentent de près de 40% leurs capacités physiques.
 
Source : http://www.leparisien.fr/sciences/la-science-a-l-assaut-de-la-paralysie-07-03-2014-3652231.php

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