Grégoire Courtine, chercheur à Lausanne, annonce son essai clinique sur cinq patients paraplégiques

La paraplégie pourrait ne plus être une fatalité  🙂 

Grégoire Courtine, chercheur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, annonce que son essai clinique sur cinq patients paraplégiques est actuellement en cours. Après la souris et le singe, l’humain paralysé pourra-t-il remarcher ?

Actuellement, « Cinq participants de notre étude se battent quotidiennement pour montrer que la paralysie peut être réversible chez l’homme », révèle le français Grégoire Courtine professeur à l’Ecole polytechnique de Lausanne (Suisse), directeur du CourtineLab, qui est intervenu sur scène lors de la 3e édition de S3Odéon (voir vidéo ci-dessous).

Faire remarcher des patients paraplégiques, c’est l’enjeu des travaux de l’équipe de Lausanne depuis quinze ans. A partir de 2009, elle a enchaîné les études montrant qu’il était possible de faire remarcher un rat totalement paralysé. 

Comment ? 

En stimulant électriquement et chimiquement la moelle épinière lésée. Pour rappel le rôle de la moelle épinière est d’acheminer les informations du cerveau vers les différentes parties du corps par l’intermédiaire des nerfs, qui véhiculent les commandes motrices mais aussi les informations sensitives en provenance du corps. 

Lorsque le conduit que forme la moelle épinière est sectionné ou écrasé, les fibres nerveuses au sein de la moelle ne repoussent pas, empêchant les commandes électriques du cerveau de jouer leur rôle et paralysant un certain nombre de fonctions, notamment le contrôle des membres inférieurs.

Comment retrouver cette fonction perdue ? 

« Au départ ces rats souffrent d’une lésion, quasi-totale, de la moelle épinière, explique Grégoire Courtine. Les commandes du cerveau qui actionnent d’ordinaire les muscles des jambes ne répondent plus. Notre méthode consiste à appliquer deux types de stimulations en dessous de cette lésion. D’abord par l’injection d’un cocktail de molécules stimulant les neurones, puis quelques minutes plus tard par la stimulation électrique, via des électrodes implantées sur la partie dorsale de la moelle épinière ». Ces deux interventions « réveillent » la moelle épinière en quelque sorte. Ce n’est pas tout. Un entrainement intensif de l’animal, soutenu par un robot articulé, permet au rat de recouvrer au bout d’un certain temps la marche volontaire.

« L’entrainement hautement actif, volontaire, avec l’état fonctionnel de la moelle épinière sous la lésion encourage les nerfs à repousser, affirme Grégoire Courtine, à établir de nouvelles connexions et rétablir la communication entre le cerveau et la moelle épinière. C’est ce qu’on appelle la neuroplasticité »

Il y a un an, l’équipe a franchi  un pas supplémentaire en publiant dans Nature les résultats d’un essai réalisé sur deux primates non humains, deux macaques rhésus. Partiellement paralysés à la suite d’une lésion de la moelle épinière, les deux singes ont repris le contrôle de leur membre inférieur grâce à une « interface cerveau-moelle épinière », composé de deux implants reliés entre eux par un système sans fil. 

Un implant dans le cerveau enregistre et décode les ordres du cortex moteur, tandis qu’un autre implant dans la moelle épinière transmet aux membres les mouvements commandés par le cerveau. Et le singe remarche!

L’implant cérébral (non présent chez le rat) permettant de suppléer à des lésions plus sévères de la moelle épinière mais aussi à accélérer encore davantage la neuroplasticité. 

Aujourd’hui ce sont cinq patients paraplégiques qui ont été implantés avec le stimulateur dans la moelle épinière, mis au point par l’équipe. D’ici à cinq ans, la technique pourrait bien inclure (comme chez le singe) un implant cérébral aussi. 

En attendant, les patients opérés, véritables pionniers, sont en phase de rééducation intensive utilisant  le système robotique qui a été adapté à homme. « On espère qu’à la fin de l’année prochaine on aura des résultats de faisabilité », conclut Grégoire Courtine, confiant.

Source : https://www.sciencesetavenir.fr/sante/interview-de-gregoire-courtine-chercheur-a-l-epfl-inventeur-d-une-technique-pour-faire-remarcher-les-paraplegiques_117328

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