Le phénomène cellulaire derrière la régénération de la queue des geckos

Les geckos sont capables de régénérer de nombreux tissus dans tout le corpsTous les enfants le savent bien, si l’on tire la queue du lézard, elle repousse. Une régénération naturelle déjà documentée car c’est un exemple passionnant pour la médecine régénérative, tout comme l’est la capacité d’adhérence du gecko, pour de nouveaux dispositifs médicaux adhésifs même au contact avec les tissus ou les organes humides. Cette nouvelle étude de l’Université de Guelph (Toronto), publiée dans le Journal of Comparative Neurology et qui s’est concentrée sur les cellules qui permettent au gecko de faire repousser sa queue a des implications prometteuses pour le traitement de la moelle épinière chez les humains.

« Les geckos sont capables de régénérer de nombreux tissus dans tout le corps, ce qui en fait des modèles idéaux pour étudier la cicatrisation des plaies et la régénération des tissus ».

Les cellules souches clés de la « glie radiale » : le type de cellule souche qui se cache derrière cette capacité hors norme du gecko à se séparer de sa queue -pour échapper à un prédateur- et surtout à la régénérer, est déjà connu sous l’appellation de cellules de la « glie radiale », à l’origine de la génération de la majorité des cellules neuronales et gliales du système nerveux central chez l’Homme. Ici, en décryptant l’action de ces cellules souches en cas de rupture de la queue du gecko, les scientifiques parviennent ainsi à mieux comprendre aussi les défis de la réparation des lésions de la moelle épinière chez les humains. En effet, les humains répondent à une lésion de la moelle épinière en fabriquant des tissus cicatriciels plutôt que de nouveaux tissus. Or, en contribuant à la fermeture de la plaie et à son « étanchéité », le tissu cicatriciel empêche la régénération. Ainsi, la réponse humaine à une lésion de la moelle épinière apporte une solution rapide qui à long terme devient un vrai problème. De plus certains types de cellules clés nécessaires à cette régénération ne sont pas présents chez l’Homme.

Nous pouvons apprendre beaucoup du processus de régénération des geckos : d’abord, contrairement à celle des mammifères, la queue du lézard comprend une moelle épinière et cette moelle épinière un grand nombre de cellules souches et de protéines déjà connues pour soutenir la croissance des cellules souches.

« Nous savions que la moelle épinière du gecko pouvait se régénérer, mais nous ne savions pas quelles cellules et quel processus étaient impliqués », explique l’auteur principal, le Pr Prof. Matthew Vickaryous : Les geckos sont capables de faire repousser une nouvelle queue en 30 jours, soit plus rapidement que tous les autres types de lézards.

Le test est effectué ici en laboratoire, en pinçant la queue du gecko de manière à provoquer sa chute. Une fois la queue détachée, le site de la rupture commence rapidement à se réparer, en particulier avec la formation de nouveaux tissus et d’une nouvelle moelle épinière. L’analyse au niveau cellulaire avant et après la rupture montre que la moelle épinière abrite ce type particulier de cellules souches, la glie radiale, un sous-groupe de cellules normalement « calme » mais qui commence à s’agiter dès que la queue se détache : ces cellules se mettent à produire différentes protéines et prolifèrent en réponse à la lésion pour former une toute nouvelle moelle épinière: une fois la blessure cicatrisée et la moelle épinière rétablie, les cellules retrouvent leur état de repos.

Cette étude fait partie d’une série de recherches sur la régénération du système nerveux central. La prochaine étape sera d’examiner comment le gecko est capable de fabriquer de nouvelles cellules cérébrales.

Source : https://www.santelog.com/actualites/medecine-regenerative-et-cicatrisation-et-si-tirait-la-queue-du-gecko

Posté dans Actualités

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