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Efficacité des cellules souches du cordon ombilical
Arnaud:
Des cellules souches humaines guérissent des lésions de la moelle épinière chez la souris
Des chercheurs taiwanais de l'Université nationale Yang Ming et de l'Hôpital général des vétérans de Taipei ont récemment publié les résultats d'une étude sur l'utilisation de cellules souches humaines pour la guérison de lésions de la moelle épinière chez la souris.
Des cellules souches mésenchymateuses (CSM) de cordon ombilical humain ont été appliquées dans la région blessée de la moelle épinière des souris et il s'est avéré qu'elles ont été capables d'engendrer la restauration des nerfs lésés ainsi que de redonner aux souris l'usage de leurs membres inférieurs. Cette découverte constitue un grand pas dans la recherche pour la réparation des traumatismes de la moelle épinière.
Le succès de ces expérimentations sur la souris permet aux chercheurs d'être optimistes quant à une potentielle utilisation sur le corps humain. En outre, ces cellules étant recueillies à partir des cordons ombilicaux coupés à la naissance, elles peuvent être collectées de manière abondante sans pour autant poser de véritables problèmes éthiques. Cette découverte pourrait ouvrir les portes d'une nouvelle médecine dédiée à la réparation des traumatismes médullaires.
Article du Conseil national des sciences de Taiwan : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/XRC5M
Rédacteur :
David MA, Institut français de Taipei : david.ma@diplomatie.gouv.fr
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/58739.htm
:smiley:
TDelrieu:
--- Citer ---J Neurotrauma. 2007 Feb;24(2):391-410.
Remyélinisation axonale par des cellules souches de sang ombilical après des lésions du cordon médullaire.
Dasari VR, Spomar DG, Gondi CS, Sloffer CA, Saving KL, Gujrati M, Rao JS, Dinh DH.
Program of Cancer Biology, Department of Cancer Biology and Pharmacology, University of Illinois College of Medicine at Peoria, Peoria, Illinois 61605, USA.
Les cellules souches humaines de sang du cordon ombilical (hUCB) ont un grand potentiel pour la réparation thérapeutique après des Lésions de la Moelle Épinière (LME). Ici, nous présentons nos recherches préliminaires sur la remyélinisation axonale du cordon médullaire lésé avec la transplantion des hUCB. Des rats mâles adultes ont subi une LME modéré à l'aide du NYU Impactor, et des hUCB ont été greffées dans l'emplacement des lésions une semaine après les LME. Les données immunohistochimiques fournissent la preuve de la différentiation des hUCB en plusieurs phénotypes neuraux comprenant des neurones, des oligodendrocytes et des astrocytes. L'analyse de l’ultrastructure des axones indique que les hUCB forment des gaines de myéline morphologiquement normale autour des axones dans les zones lésées du cordon médullaire. Les études de co-localisation montrent que les oligodendrocytes dérivés des hUCB sécrètent les hormones neurotrophiques NT3 (neurotrophin-3) et BDNF (brain-derived neurotrophic factor). Le cellules souches de sang ombilical aide dans la synthèse de la protéine de base de la myéline (PBM) et de la protéine protéolipide (PPL) de la myéline dans les zones lésées, facilitant de ce fait le processus du remyélinisation. On a observé des niveaux élevés d'expression d’ARNm pour NT3, BDNF, PBM et PPL chez les rats traités avec des hUCB comme indiqué dans l’analyse par hybridisation fluorescente in situ (FISH). Le rétablissement de la fonction locomotrice des membres postérieurs a été également sensiblement augmenté chez les rats traités avec des hUCB évalué par le test BBB (Basso-Beattie-Bresnahan) 14 jours après la transplantation. Ces résultats démontrent que les hUCB, transplantés dans le cordon médullaire 7 jours après des lésions par impact, survivent pendant au moins 2 semaines, se différencient en oligodendrocytes et en neurones, et permettent une amélioration de la fonction locomotrice. Par conséquent, les hUCB facilitent le rétablissement fonctionnel après des LME modérées et peuvent s'avérer être une stratégie thérapeutique efficace pour réparer le cordon médullaire blessé.
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:arrow: TEXTE ORIGINAL EN ANGLAIS
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J Neurotrauma. 2007 Feb;24(2):391-410.
Axonal remyelination by cord blood stem cells after spinal cord injury.
Dasari VR, Spomar DG, Gondi CS, Sloffer CA, Saving KL, Gujrati M, Rao JS, Dinh DH.
Program of Cancer Biology, Department of Cancer Biology and Pharmacology, University of Illinois College of Medicine at Peoria, Peoria, Illinois 61605, USA.
Human umbilical cord blood stem cells (hUCB) hold great promise for therapeutic repair after spinal cord injury (SCI). Here, we present our preliminary investigations on axonal remyelination of injured spinal cord by transplanted hUCB. Adult male rats were subjected to moderate SCI using NYU Impactor, and hUCB were grafted into the site of injury one week after SCI. Immunohistochemical data provides evidence of differentiation of hUCB into several neural phenotypes including neurons, oligodendrocytes and astrocytes. Ultrastructural analysis of axons reveals that hUCB form morphologically normal appearing myelin sheaths around axons in the injured areas of spinal cord. Colocalization studies prove that oligodendrocytes derived from hUCB secrete neurotrophic hormones neurotrophin-3 (NT3) and brain-derived neurotrophic factor (BDNF). Cord blood stem cells aid in the synthesis of myelin basic protein (MBP) and proteolipid protein (PLP) of myelin in the injured areas, thereby facilitating the process of remyelination. Elevated levels of mRNA expression were observed for NT3, BDNF, MBP and PLP in hUCB-treated rats as revealed by fluorescent in situ hybridization (FISH) analysis. Recovery of hind limb locomotor function was also significantly enhanced in the hUCB-treated rats based on Basso-Beattie-Bresnahan (BBB) scores assessed 14 days after transplantation. These findings demonstrate that hUCB, when transplanted into the spinal cord 7 days after weight-drop injury, survive for at least 2 weeks, differentiate into oligodendrocytes and neurons, and enable improved locomotor function. Therefore, hUCB facilitate functional recovery after moderate SCI and may prove to be a useful therapeutic strategy to repair the injured spinal cord.
Source : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/sites/entrez?cmd=Retrieve&db=PubMed&dopt=Citation&list_uids=17376002
--- Fin de citation ---
seppel:
Promesses du sang de cordon ombilical et blocages en France
Source de cellules pluripotentes
Le sang de cordon, présent dans le cordon ombilical qui relie le nourrisson au placenta, peut être prélevé après la naissance, sans contrainte pour l’enfant ni pour sa mère. Plus de cent millions d’enfants naissent chaque année dans le monde, ce qui représente une quantité considérable de cellules souches disponibles, couvrant une grande variété de types tissulaires. Le sang de cordon est généralement incinéré après la naissance alors qu’il représente une source éthique de cellules souches pluripotentes pour la majorité de la population mondiale. Son stockage, par congélation, est facile et sa disponibilité plus grande que celle des cellules souches issues de la moelle osseuse. Contrairement aux cellules souches embryonnaires qui nécessitent la destruction de l’embryon, le recueil du sang placentaire est un acte totalement éthique et accessible à tous qui ouvre de grandes perspectives thérapeutiques.
Les perspectives thérapeutiques
Le sang de cordon contient un groupe de cellules souches très rares et très immatures qui ont la capacité exceptionnelle de former plusieurs types de tissus. Le Professeur Colin McGuckin, de l'Université de Newcastle a été le premier au monde à avoir démontré (en 2005) l’existence de cellules pluripotentes dans le sang de cordon, c’est-à-dire qui ont la propriété de se transformer en de nombreux tissus différents. Cette équipe parvient à créer du foie, mais aussi du tissu nerveux, du tissu de pancréas, des vaisseaux sanguins, à partir de ces cellules extraites du sang de cordon. Elle a aussi utilisé ces cellules souches pour régénérer du tissu de cornée humaine.
Le 24 octobre 2006, le Pr. McGuckin a publié d'autres résultats étonnants : la création pour la première fois d’un mini foie en 3 dimensions et il y a quelques semaines, en juin 2007, son équipe publie dans Cell Proliferation un article montrant qu’elle a réussi à créer des tissus humains produisant de l’insuline.
Les greffes de sang de cordon ombilical sont utilisées depuis plus de vingt ans pour le traitement de maladies sanguines telles que les leucémies ou les drépanocytoses. Mais elles ne le sont pas seulement pour les maladies liées au système sanguin ou immunitaire (bébé bulle) : elles le sont aussi pour des pathologies touchant la moelle osseuse, le système nerveux ou le métabolisme, comme le diabète juvénile ou la cornée humaine. Le sang de cordon est ainsi utilisé pour traiter plus de 85 maladies, dont récemment la maladie de Krabbe, une maladie génétique touchant le développement du système nerveux. S’agissant de la reconstitution des cellules du foie, les applications sont nombreuses, notamment pour les entreprises pharmaceutiques qui veulent tester l’impact de leurs médicaments sur le foie, sans avoir recours à l’animal de laboratoire.
Pourtant, certains chercheurs continuent à nier l’efficacité thérapeutique des cellules de sang de cordon, à l’instar de Marc Peschanski, directeur du laboratoire de l’Inserm d’Evry, qui, cofinancé par l’Association française contre les myopathies (AFM), travaille sur les cellules embryonnaires et affirme que « les cellules de sang de cordon n’ont pas apporté la preuve de leur efficacité dans le domaine de la médecine régénérative »1.
Pénurie, retard et préjudice
Conformément à l’avis rendu par le Comité consultatif national d’éthique le 12 décembre 2002, les autorités françaises refusent les banques privées au nom des principes de solidarité, de gratuité et d’anonymat du don or, aujourd’hui, la France ne compte que 2 banques publiques de sang de cordon, à Bordeaux et à Besançon.
Entre 1994 et 2005, les hôpitaux ont importé 63% des greffons alors que ces derniers coûtent dix fois plus cher (20 000 euros) que s’ils avaient été conservés en France. Comment justifier que, dans ce contexte de pénurie de dons, plus de 2000 cordons ombilicaux soient détruits chaque jour ? La France ne dispose que de 5800 unités de sang placentaire disponibles, (ce qui la classe au 16è rang mondial, derrière la république tchèque), il en faudrait dix fois plus pour répondre à toutes les demandes. L’Agence de biomédecine vient de décider d’allouer un budget de 575 000 euros pour disposer, d’ici trois ans, d’un stock de 10 000 unités placentaires. Cela semble dérisoire comparé à d’autres pays : ainsi, la Suède a débloqué 2 millions d’euros pour dépasser les 250 000 unités (pour 9 millions d’habitants).
Selon certains juristes, ce retard pourrait un jour être assimilé à un préjudice par les patients qui pourraient alors attaquer les médecins coupables de ne pas leur avoir permis de bénéficier de cette technique.
Les banques de sang de cordon sont un maillon indispensable pour les progrès de la médecine régénérative. Comme le conclut le journaliste de La Vie, qui vient de consacrer un article passionnant à cette question1, « la généralisation de la collecte de sang de cordon ne peut relever que d’une volonté politique ». Aux Etats-Unis, par exemple, le Congrès a voté 265 millions de dollars pour développer un réseau de banques publiques à travers le pays… Dans d'autres pays, comme en Angleterre, se développent des modèles intéressants de banque, comme celui de la Virgin Health Bank, semi privée-publique (cf. Gènéthique n°90, juin 2007).
Pour se développer, cette recherche nécessite un travail de concertation entre les gouvernements, les milieux médicaux, les industriels et le grand public.
1. L. Grzybowski , Sang de cordon : l’étrange omerta, La Vie, 5 juillet 2007
© www.genethique.org
@+ :wink:
seppel:
Les cellules de sang de cordon au secours du diabète insulino-dépendant
De l’insuline avec le sang de cordon
D’après une étude menée par les équipes du Pr Colin McGuckin (Newcastle Center for Cord Blood, Newcastle University) et du Pr Larry Denner (Stark Diabete Center, University of Texas Medical Branch), il est possible de créer des cellules productrices d’insuline à partir de cellules souches de sang de cordon. Ces résultats ouvrent des perspectives nouvelles pour le traitement du diabète insulino-dépendant (ou diabète de type 1), maladie due à la destruction des cellules du pancréas qui assurent la synthèse de l’hormone régulatrice de la concentration du sucre dans le sang. Dans cette étude publiée dans Cell Proliferation de juin 2007¹, les chercheurs expliquent avoir réussi à transformer des cellules souches de sang de cordon en cellules productrices d’insuline en 21 jours.
Quels espoirs thérapeutiques ?
Ces travaux pourraient permettre de remplacer les greffes de fragments de tissus pancréatiques contenant des cellules de Langerhans productrices d’insuline. Nico Forraz, co-auteur de l’étude précise "pour les personnes souffrant de diabète de type 1, nous envisageons d’utiliser les cellules souches pour créer des cellules sécrétant de l’insuline, mais aussi les cellules immunitaires présentes dans le sang de cordon, qui pourraient permettre de "calmer" les racines auto-immunes de cette affection qui détruit des régions du tissu pancréatique".
Les banques de sang de cordon
Si l'intérêt thérapeutique de ces études se confirme, la nécessité d'obtenir des unités de sang de cordon en quantité va très vite s'imposer.
En France, les autorités sanitaires et éthiques sont opposées à la mise en place de banques de sang de cordon privées. Pour le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), la constitution de banques privées pour un usage strictement autologue du sang de cordon est contraire au principe de solidarité de notre système de santé. En 2002, le CCNE recommandait donc aux pouvoirs publics de promouvoir un important développement des banques publiques de sang de cordon à destinée essentiellement allogénique².
La situation française
En janvier 2006, la France possédait 5 150 unités stockées de sang de cordon, ce qui ne la plaçait qu'au 16e rang mondial en nombre d'unités par habitant. Aujourd'hui, en juin 2007, 5 800 unités de sang de cordon sont conservées dans les banques publiques françaises. Pour être au même niveau que nos voisins européens, notre stock devrait s'élever à 50 000.
Or sur les quatre établissements hospitaliers faisant œuvre de banques publiques, deux ont dû arrêter pour des raisons financières. Il ne reste plus aujourd’hui que deux banques de sang de cordon, à Bordeaux et à Besançon, celle de l’hôpital Saint Louis à Paris, devant être à nouveau opérationnelle d’ici peu.
Ce retard est tempéré par la qualité des greffons français pour lequel la France s'affiche dans le "peloton de tête". Ainsi, l'enjeu de la France pour rester dans la compétitivité internationale est d'augmenter la taille de sa banque, tout en conservant l'excellente qualité de ses greffons.
Un retard à rattraper d’urgence
L’étude qui vient d’être publiée devrait contribuer à rappeler l’urgence qu’il y a, dans notre pays, à développer la conservation par congélation du sang de cordon ombilical. "Dans chaque sang de cordon, il est possible d’obtenir environ 500 000 cellules souches", rappelle Nico Forraz de l’Institut des Cellules souches de l’Université de Newcastle. Avec 120 millions d’enfants qui naissent chaque année dans le monde, les cellules souches de sang de cordon seront prédominantes dans la recherche sur les thérapies cellulaires.
La Virgin Health Bank
Sir Richard Branson, fondateur et président de Virgin, a annoncé, en janvier 2007, la création d’un nouveau modèle de banque de sang de cordon. La Virgin Health Bank sera la première banque de ce type à la fois privée et publique. Moyennant la somme d’environ 2 270 euros, les parents qui le souhaitent pourront faire conserver le sang de cordon de leur enfant pendant 20 ans.
Financée par ses clients et ses investisseurs, la Virgin Health Bank donnera, gratuitement, 80% de chaque prélèvement à une banque publique. Les 20% restants resteront la propriété exclusive de la famille.
Par ailleurs, Sir Richard Branson s’est engagé à reverser tous les bénéfices perçus par le groupe Virgin à la recherche sur les cellules souches adultes.
1. Directed Engineering of umbilical cord blood stem cells to produce C-peptide and Insuline ; L. Denner, Y. Bodenburg, J. G. Zhao, M. Howe, J. Cappo, R. G. Tilton, J. A. Copland, N. Forraz, C. McGuckin, R. Urban (2007); Cell Proliferation 40 (3), 367-380.
2. Avis de l’Académie nationale de médecine du 19 novembre 2002 et avis du CCNE du 12 décembre 2002.
© www.genethique.org
seppel:
C'est vrai Thierry que c'est désolant tout ça.
Le fait qu'on a un manque crucial de cellules souches de sang de cordon, ainsi que de banques publiques ou privées est une chose, mais ce qui m'inquiète encore plus c'est que ce manque est dû en partie à la pression exercée par certains lobbies qui ont eu raison des travaux d'Eliane Gluckman.
Cette déclaration de M.PRIVAT est accablante "Je pense qu'elle a dérangé pas mal d'intérêts".
Reste à savoir quels intérêts ... en tous cas ça donne à réfléchir ... :undecided:
Bonne soirée.
@+
Jean-Michel
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