JEUX PARALYMPIQUES DE TURIN
Cyril Moré : « Cela force l'humilité »
Le Havrais Cyril Moré n'a pas atteint son objectif initial pour sa première participation aux Jeux d'hiver. A Sestrières, le licencié au Club handisport Grand Rouen, paraplégique après un accident à 19 ans, a participé à toutes les épreuves de ski alpin, sans décrocher de places dans les dix premiers, finissant dans les filets, vendredi dernier, en Géant et ne décrochant que la 13e dans son épreuve favorite du slalom dimanche. Depuis son domicile ardéchois, le plusieurs fois médaillé olympique en escrime aux Jeux d'été n'en apprécie pas moins avec lucidité et modestie les leçons de cette première d'hiver.
- La déception l'emporte-t-elle quand vous pensez aujourd'hui à ces Jeux ?
Cyril Moré : « Disons que le réveil est doux mais la réalité est dure. J'ai beaucoup appris. Je n'avais jamais participé à une telle épreuve. Je croyais connaître mais c'était tout à fait différent de ce j'attendais et de ce que j'ai vécu auparavant, même si j'ai déjà participé à des épreuves de Coupe du monde. Ce que j'ai surtout appris c'est qu'aux Jeux, surtout dans les catégories comme la mienne où il y a beaucoup de monde, on s'aperçoit qu'à chaque fois, il y a trois personnes qui font une bonne course et à côté 7 à 25 concurrents qui font des contre-performances. C'est tout simplement le haut niveau. Cela force à l'humilité ».
- Avez-vous pensé dimanche, en slalom, à votre chute en Géant de vendredi ?
Cyril Moré : « Vendredi, j'étais au fond du trou. J'ai fini dans les filets et rien n'allait plus. Je n'ai jamais skié aussi mal de ma vie. Vous pouvez imaginer ma douleur quand cela vous arrive aux Jeux quand il y a les caméras, quand il y a des gens pour vous supporter. Techniquement, il a fallu que je remette en cause les choix que j'avais fait. Mon châssis - comme une chaussure de ski pour moi - était mal réglé. La neige était dure, trop abrasive et j'étais trop affûté. J'ai vraiment galéré.
Finalement, j'ai pris du recul et dimanche il n'était plus question de médailles, je voulais simplement être à l'heure. Après avoir fait une 1re manche prudente, j'ai finalement fini 13e à l'issue de la seconde. Pour moi c'est déjà énorme ».
- Pensez-vous déjà à Pékin et à rebondir bientôt en escrime ?
Cyril Moré : « Ce qui m'intéresse, c'est d'avoir des challenges courts. Quand je pense à Vancouver (2010), cela n'obère mes ambitions pour Pékin (2008). Pour ce qui est du ski alpin, il y aura en 2007 les championnats du monde en Suisse. Et dès ce week-end, les France (Les Ménuires en Savoie) où je devrais obtenir des médailles. Là, c'est pratiquement obligé ! »
