La présentation du quotidien 20 minutes :
http://www.20minutes.fr/article/296249/Media-Au-coeur-de-la-sexualite-des-handicapes.php« Avant de mourir, faudra peut-être qu'un jour j'aie une relation sexuelle. » Farid, handicapé en très grande dépendance, est un des nombreux témoins du documentaire L'amour sans limites à avoir accepté de parler, à visage découvert, de la difficulté...
« Avant de mourir, faudra peut-être qu'un jour j'aie une relation sexuelle. » Farid, handicapé en très grande dépendance, est un des nombreux témoins du documentaire L'amour sans limites à avoir accepté de parler, à visage découvert, de la difficulté ou plutôt de l'impossibilité à vivre, comme il l'entend sa sexualité. Il a été séparé de son amie Julie, elle aussi handicapée, pendant six ans. Aucun établissement spécialisé n'acceptait de les accueillir. Désormais réunis dans un même centre, en chambres séparées, ils souhaiteraient avoir des rapports, mais auraient besoin de l'aide d'une tierce personne pour y parvenir. Impossible et interdit en France.
Dany, 28 ans, explique avoir eu ainsi « une seule relation sexuelle, avec une escort girl ». Pour vivre autrement ses désirs, il lui faudrait « des sous pour aller dans d'autres pays ». Car au Danemark, en Suisse, en Allemagne, où ont également tourné les réalisateurs Samantha Campredon et François Chayé, existent depuis plus de vingt ans des « aidants sexuels », qui, contre rémunération, prodiguent « de la sensualité, de la sexualité ». En toute légalité.
« Ce film est un acte militant, explique François Chayé. La France accuse un énorme retard. Ici, ce genre d'aide est assimilé à de la prostitution. Il faut faire bouger les choses. » France 5, en diffusant ce documentaire, affiche donc un « engagement très fort ». « C'est une perle rare », confirme Sophie Massieu, rédactrice en chef de Faire Face, le mensuel des personnes ayant un handicap moteur. En France, les personnes handicapées sont encore perçues comme asexuées. Je suis aveugle, et certains me demandent si j'ai déjà fait l'amour ! » Le silence des médias est donc synonyme d'ignorance. « Et de gêne, ajoute Jean-Marie Barbier, président de l'Association des paralysés de France, partenaire du documentaire. Parler de sexualité est tabou, de handicap aussi. Alors les deux ensemble... » On est presque dans l'ordre de l'irreprésentable. « Le public bipède valide de ce pays, de tradition latine et catholique, a bien du mal à imaginer qu'on puisse avoir une sexualité », confirme Gérard Coudougnan, journaliste à handilove.com et handigay.com, portails d'actualité et de rencontres des personnes handicapées. Tous estiment, toutefois, que la programmation de ce documentaire, en prime time qui plus est, est porteuse d'espoir. ■
Alice Coffin