Auteur Sujet: Cellules souches : vive la graisse !  (Lu 3950 fois)

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Hors ligne emmanuel

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Cellules souches : vive la graisse !
« le: 16 avril 2005 à 16:34:04 »
un article paru dans "le monde" :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-639862,0.html

"De bonnes surprises derrière notre mauvaise graisse"
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Calamitéde l'Occidental mûrissant, sa couche de graisse pourra peut-être le sauver. Des recherches récentes suggèrent que l'exécrable réputation des tissus adipeux ne pourra plus longtemps cacher qu'ils contiennent le Graal de la recherche médicale : des cellules souches, c'est-à-dire assez peu matures pour pouvoir se transformer en d'autres types de cellules. Cette faculté permet d'envisager l'utilisation d'éléments de la couche sous-cutanée pour des thérapies cellulaires, ces traitements de l'avenir qui consisteront à injecter dans un tissu lésé des cellules souches pour remplacer celles qui ne fonctionnent plus.

Dès 2003, des Américains ont montré que certaines cellules du tissu adipeux pouvaient se comporter autrement qu'en microscopiques sacs à graisse, en se changeant en cellules osseuses. En France, l'équipe (CNRS-Inserm) de Louis Casteilla, au Laboratoire neurobiologie, plasticité cellulaire et métabolisme énergétique de Toulouse, a démontré en 2004 qu'il était possible chez la souris d'obtenir in vitro des cellules cardiaques à partir des tissus adipeux, ce qui ouvre la perspective d'une thérapie régénératrice du coeur, particulièrement après un infarctus. Ces mêmes chercheurs, associés à l'équipe de Bernard Lévy (unité Inserm 541, à Paris), ont aussi réussi à utiliser ce type de cellules, de tissu humain cette fois, pour reconstruire le réseau vasculaire endommagé d'une souris.

Pour envisager des traitements efficaces, encore faut-il pouvoir démêler la bonne graisse de la mauvaise, en identifiant les cellules souches. C'est chose faite grâce aux travaux, bientôt publiés dans le Journal of Experimental Medicine, de l'équipe de Christian Dani, un biologiste Inserm d'un laboratoire du CNRS à Nice, qui a réussi à repérer ces cellules réparatrices, à ne cultiver que celles-ci et à les injecter pour fabriquer du muscle de souris. "Il ne se passe plus un mois sans qu'une publication signale une avancée sur ces tissus, note M. Casteilla. Aux Etats-Unis, des start-up se sont montées pour guetter les possibilités de commercialisation des premiers traitements."

Le marché du tissu adipeux humain peut en effet devenir florissant. L'utilisation de ce tissu ne devrait pas soulever de difficultés éthiques, contrairement à celle des cellules souches embryonnaires. Son prélèvement, par liposuccion sous anesthésie locale, est une technique éprouvée. Il présente aussi l'avantage d'éviter les rejets, puisque l'on pourra injecter à un malade ses propres cellules. Sa disponibilité, enfin, paraît assurée, tant la graisse humaine est devenue une ressource inépuisable. Les tissus adipeux représentent 10 % du poids corporel d'un adulte sain et 50 % de celui des obèses, victimes d'une épidémie exponentielle dont aucune bonne nouvelle ne laisse jusqu'ici entrevoir le déclin.
Jérôme Fenoglio
Article paru dans l'édition du 17.04.05



Hors ligne TDelrieu

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vive la graisse !
« Réponse #1 le: 07 mai 2005 à 12:12:52 »
Paru dans Science & Avenir... 8)

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Médecine et santé

Le tissu adipeux pas si inutile

L’organe de stockage des graisses, le tissu adipeux, n’a en général pas bonne presse. Pour beaucoup, l’objectif est de limiter au maximum la présence de cellules adipeuses qui donnent un tour disgracieux à la silhouette quand elle sont présentes en trop grand nombre. Un homme sain en contient environ 10% mais chez l’obèse ce chiffre peut atteindre les 50%. Pourtant, ces cellules s’avèrent être un réservoir de cellules souches multipotentes capables de donner naissance à des lignées musculaires, osseuses, vasculaires….
En injectant à des souris des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS et de l'Inserm ont réussi à régénérer des cellules musculaires humaines, sans réaction de rejet. Ces travaux prometteurs représentent un réel espoir dans le traitement de pathologies musculaires, notamment les myopathies de Duchenne, une maladie héréditaire grave se traduisant par une atrophie progressive de tous les muscles.
Afin d'étudier les potentialités réparatrices de ces cellules souches, l'équipe s'est intéressée à des souris "mdx", modèles de myopathies de Duchenne.
Ces souris sont déficientes en dystrophine, une protéine nécessaire à l'intégrité de la fibre musculaire. Sans cette protéine, la fibre musculaire ne peut plus résister aux forces exercées lors de la contraction et finit par dégénérer. Chez l'homme, cette dystrophie musculaire génétique transmise par la mère touche à la naissance un garçon sur 3500 en France et conduit progressivement à une atrophie des muscles squelettique, respiratoire et cardiaque.

Transplantées en faible quantité chez la souris dystrophique, ces cellules souches du tissu adipeux n'ont pas été rejetées en l'absence de traitement immunosuppresseur et ont conduit à une expression importante et à long terme de dystrophine humaine.
Ces cellules souches multipotentes ouvrent donc des perspectives intéressantes dans la réparation de nombreux tissus. Après avoir approfondi la connaissance de ces cellules au niveau moléculaire, les chercheurs devront toutefois étudier la possibilité d'isoler directement et en nombre suffisant de telles cellules souches à partir de tissu adipeux humain d'individus de tous âges.
Ils devront également s'attacher à comprendre quels sont les mécanismes qui gouvernent l'absence de rejet de ces cellules humaines chez la souris avant d'entreprendre des essais cliniques.

Source : http://sciences.nouvelobs.com/sci_20050506.OBS5923.html
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Hors ligne pikinette

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vive la graisse !
« Réponse #2 le: 14 mai 2005 à 21:37:01 »
Je suis volontaire pour offrir la mienne si ça interesse qq 1  :lol:
De la bonne graisse, 100 % naturelle, élevée à la rillette de la Sarthe,profitez en, y'en aura pas pour tout le monde ...
Il est dur d'échouer, mais il est pire de n'avoir jamais tenté de réussir ...

Hors ligne emmanuel

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vive la graisse !
« Réponse #3 le: 03 juin 2005 à 17:53:25 »
J'ajoute cet article qui précise le caractère non-tumorigène des cellules souches de la graisse.

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Les cellules adipeuses, thérapie de demain ?
Source : CNRS, le 12/05/2005 à 12h11


Longtemps considéré comme un simple organe disgracieux de stockage des lipides, le tissu adipeux se révèle, depuis peu, être un véritable réservoir de cellules souches, capables de donner naissance à des cellules cardiaques, vasculaires, osseuses, musculaires... En injectant des cellules souches de tissu adipeux humain, des équipes de chercheurs du CNRS et de l'Inserm ont réussi à régénérer des cellules musculaires humaines, sans réaction de rejet. Ces travaux prometteurs chez la souris sont publiés dans le Journal of Experimental Medicine du 02 mai. Ils représentent un réel espoir dans le traitement de pathologies musculaires, notamment les myopathies de Duchenne, une maladie héréditaire grave se traduisant par une atrophie progressive de tous les muscles.

Basée sur l'injection de cellules immatures susceptibles d'acquérir, dans un environnement propice, la morphologie et la fonction de cellules déficientes dans un tissu lésé, la thérapie cellulaire s'intéresse aujourd'hui particulièrement aux tissus adipeux. Ces derniers représentent environ 10% du poids d'un individu sain et jusqu'à 50% chez un obèse ; leur prélèvement ne présente pas de problème éthique puisque les cellules utilisées sont issues de déchets opératoires de type liposuccion. En 2004, l'équipe CNRS-Inserm de Louis Casteilla avait démontré qu'il était possible d'obtenir, in vitro, des cellules cardiaques à partir de cellules adipeuses. Parallèlement, les équipes Inserm de Bernard Lévy en collaboration avec l'équipe de Louis Casteilla et l'équipe de Anne Bouloumié montraient que ces mêmes cellules pouvaient chez la souris se transformer en cellules constituant les vaisseaux sanguins.

Le tissu adipeux : réservoir de cellules souches multipotentes

Spécialisés dans la recherche sur le tissu adipeux depuis une vingtaine d'années et depuis une dizaine d'années sur les cellules souches embryonnaires, les équipes de Christian Dani, chercheur Inserm et directeur du laboratoire "Cellules Souches et différenciation" et Gérard Ailhaud, UMR 6543 CNRS (Institut de signalisation, biologie du développement et cancer) ont réussi à obtenir, à partir de tissu adipeux de jeunes donneurs, des cellules souches multipotentes dénommées hMADS ("Human Multipotent Adipose Derived Stem Cell"). Celles-ci sont plus immatures donc de potentiel plus grand que les cellules obtenues précédemment par d'autres équipes. Ces travaux publiés dans le Journal of Experimental Medicine montrent qu'une même cellule souche hMADS est capable in vitro de donner naissance à une cellule musculaire, osseuse, adipeuse ou de cartilage, en fonction de son environnement. Une fois isolées puis mises en culture, ces cellules souches ont présenté une forte capacité de prolifération, des chromosomes normaux et une absence de caractère tumorigène. De plus, les chercheurs ont remarqué que ces cellules n'exprimaient que faiblement les antigènes d'histocompatibilité responsables du phénomène de rejet des greffes.

De la cellule souche à la cellule musculaire

Afin d'étudier les potentialités réparatrices de ces cellules souches, l'équipe s'est intéressée à des souris "mdx", modèles de myopathies de Duchenne. Ces souris sont déficientes en dystrophine, une protéine nécessaire à l'intégrité de la fibre musculaire. Sans cette protéine, la fibre musculaire ne peut plus résister aux forces exercées lors de la contraction et finit par dégénérer. Chez l'homme, cette dystrophie musculaire génétique transmise par la mère touche à la naissance un garçon sur 3.500 en France et conduit progressivement à une atrophie des muscles squelettique, respiratoire et cardiaque.

Transplantées en faible quantité chez la souris dystrophique, ces cellules souches du tissu adipeux n'ont pas été rejetées en l'absence de traitement immunosuppresseur et ont conduit à une expression importante et à long terme de dystrophine humaine. Selon le Pr Gérard Ailhaud, "ces résultats prometteurs ouvrent des perspectives d'allotransplantation de telles cellules chez des patients atteints de maladies musculaires." Ces travaux ont donné lieu au dépôt d'un brevet international.

Perspectives thérapeutiques

Ces cellules souches multipotentes ouvrent donc des perspectives intéressantes dans la réparation de nombreux tissus. Après avoir approfondi la connaissance de ces cellules au niveau moléculaire, les chercheurs devront toutefois étudier la possibilité d'isoler directement et en nombre suffisant de telles cellules souches à partir de tissu adipeux humain d'individus de tous âges. Ils devront également s'attacher à comprendre quels sont les mécanismes qui gouvernent l'absence de rejet de ces cellules humaines chez la souris avant d'entreprendre des essais cliniques.

http://www.futura-sciences.com/news-cellules-adipeuses-therapie-demain_6211.php