Auteur Sujet: Bioéthique: Cellules souches embryonnaires contre cellules souches adultes  (Lu 2240 fois)

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Arnaud

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Le magazine "La Vie" revient sur la première greffe de cellules souches adultes ayant permis de soigner la main d'un ouvrier irradié (cf revue de presse du 13/04/05). Il compare également les avancées constatées entre les cellules souches embryonnaires et les cellules souches adultes (CSA).

Le magazine rappelle que, malgré les résultats des CSA, la majorité des chercheurs en France reste favorable à l'utilisation des cellules souches embryonnaires. Jacques Hatzfeld, qui travaille au CNRS sur les 2 types de cellules, affirme qu'elles sont complémentaires : "si l'on ne travaille pas sur les cellules embryonnaires, on ne comprendra jamais les cellules adultes".

Pourtant des résultats intéressants ont déjà été observés sur les cellules souches adultes. Ainsi, en 2002, aux Etats-Unis, une chercheuse avait isolé dans la moelle osseuse de la souris des cellules capables de fabriquer n'importe quel organe. "Le rêve du chercheur devenait réalité" explique Didier Montarras de l'Institut Pasteur. Depuis, personne n'a réussi à reproduire l'expérience.

S'opposant au lobby des chercheurs français en faveur de la recherche sur l'embryon, Alain Privat, directeur à l'Inserm et spécialiste international des lésions de la moelle épinière, est l'un des rares en France à travailler sur les cellules souches adultes. Il dénonce "le lobbying en faveur des cellules embryonnaires qui ne correspond pas à une réalité thérapeutique. Dans mon domaine, nous sommes de plus en plus près du but avec les CSA qui permettront un jour, je l'espère, de réaliser des autogreffes de neurones pour réparer la moelle épinière. C'est vrai que l'expérience menée en 2002 sur la souris est difficile à reproduire. Mais pas impossible. Je regrette que la communauté scientifique ne travaille pas assez sur les CSA et préfère mettre en avant les cellules embryonnaires" explique-t-il.

Claude Huriet, ancien sénateur, président de l'Institut Curie et auteur d'un rapport sur les cellules souches en 2000, est encore plus sévère : "on constate chez certains chercheurs une attitude non scientifique, un a priori pour contester l'existence même des CSA". Il aurait souhaité que ces cellules deviennent "grande cause nationale" et bénéficient de financements avant d'autoriser la recherche sur l'embryon. Il s'insurge : "on ne peut pas affirmer un principe aussi fort qu'une interdiction et accepter de transiger pendant 5 ans. Qu'allons nous dire aux chercheurs en 2009 ? : "Arrêtez tout ?" Cela n'a pas de sens".

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