Je crois effectivement que ce sujet, tel que tu l'expliques, Milie, est important et j'espère que tu auras des réponses qui t'aideront pour ton travail de fin d'études.
Pour ma part, c'était en Belgique et il y a bien longtemps .... Pendant les 5 mois que j'y étais, je n'ai pensé qu'à une chose ... sortir de là, le plus vite possible afin de reprendre ma vie telle qu'elle était ... vivre avec mon mari, à la maison !
J'ai eu, pendant ces 5 mois, l'impression d'être une "pensionnaire", une gamine à l'école en internat ... toute ma journée était planifiée, ne laissant aucune place à un peu d'imagination dans mon emploi du temps ... si je restais dans ma chambre pour lire un peu, on venait me dire qu'il fallait rejoindre le reste de ma chambrée dans la salle de lecture - nous étions 8 à partager la même chambre- ...
Tous les jours, mon mari venait me rendre visite et j'étouffais de ne pas avoir un seul moment d'intimité ... je ne vivais que pour les week-ends où je rentrais à la maison.
Jamais personne au centre ne s'est soucié de savoir comment je me sentais moralement, comment je vivais cette nouvelle donne qu'est le handicap et personne, encore moins, s'est soucié de comment mon mari vivait ça ... c'est là, je pense, un "oubli" impardonnable car s'il y a difficulté à accepter le handicap pour celui à qui ça arrive, ce n'est pas moins difficile pour le conjoint, le parent etc ... et pourtant cette dimension là a été complètement absente après ma paralysie ... et ce même par la suite, en dehors du centre ... quand je retourne pour mes visites de contrôle, il est des sujets "pratiques" de la vie de tous les jours qui sont abordés mais jamais les sujets "intimes", on ne parle jamais sexualité, mal-être etc ...
Ca c'est sur le plan moral ...
Maintenant, au niveau de la rééducation, je dirai que mon ressenti est très bien décrit par "poisson-chat" dans cavalcade ... une journée bien remplie entre piscine, ergo, kiné ... mais c'est en rentrant à la maison, dans ma "vraie" vie que j'ai appris le plus et évolué plus rapidement et ce grâce à un kiné qui m'a prise en main et qui a ciblé ma rééducation via les actes de la vie quotidienne ... il m'a imaginé des aides, là où je ne m'en sortais pas ... il a fait preuve d'une imagination pour pallier l'handicap ... merci à lui.